Frédéric Sorgue

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L’ombre de ta gorge

In L'abri de rien on 23 octobre 2013 at 7:31

Or l’automne brûlant, dévoué, à genoux,

– Durant cette saison où décroît le soleil,

Ton visage éclipsait mon plein midi pareil

A l’obscure apogée d’un dieu encore debout –

Déposant mon offrande à tes pieds de granit,

– La cendre d’un baiser, ma prière jalouse,

Ma peau, mon cœur aveugle et que tu les recouses,

Souverain colossal couronné du zénith –

J’implorais ta noirceur de m’éblouir au sang :

« Guéris l’astre aussi noir qui darde dans mes veines… »

– Or plus je te vénère, or mieux tu me dédaignes ;

Et l’ombre de ta gorge est mon seul firmament.

L’étoile flamboyante où trônait ta figure

Brillait d’un long silence vainqueur et ténébreux.

Idole à contre jour ébouriffée de feu,

Tu ouvrageais le ciel d’une sombre serrure.

Frédéric Sorgue

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In L'abri de rien on 13 août 2012 at 6:54

Se réveiller dans le soleil – ou en rêver – près de vous, le front contre le ciel.

 

Je ne me souvenais de rien sinon l’humeur de la mer que je retrouvais, verte et claire, et de son odeur.

 

La plage avait grandie mais, toujours déserte, midi tombait.

 

Nous dormions là, rayons autour des cendres de notre veille, enfoncés dans cette farine blanche qui avait pris notre forme.

 

L’œil ouvert et, derrière, mes songes se poursuivaient sur le rythme des vagues… Et ce sable sous les ongles, ce sable dans les cheveux, sur les lèvres, les cils, ce sable dont on sentait, dans le moindre espace, la présence.

 

Je vous aimais.

 

Vos voix traversaient ma nuit du matin, joyeuses et nues de sens, sous ce ciel qui tremblait comme une feuille d’aluminium.

 

La veille, il s’était penché un peu vers nous, attentif à notre recherche des riens et, lorsque nous avions levé nos têtes pour le surprendre, il avait vite repris sa place tout en haut, mimant son indifférence de ciel.

 

Où les étoiles voyagent, immobiles, inimaginables.

 

Nous étions tombés là, ensemble face à l’infini, après notre bataille de désirs et de projets, vaincus par le sommeil des justes d’esprit.

 

Et vous dormiez encore, emmitouflés dans vos éponges. Dessous vos figures froissées, les rêves s’irisaient dans la lumière de ce midi.

 

Pas un mot. Je veillais sur vous en les regardant se dissoudre.

 

Frédéric Sorgue

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