Frédéric Sorgue

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Flash adoption homoparentale

In Mauvais esprit on 12 septembre 2012 at 10:17

Dans quelques années, quand les enfants de couples homos seront grands, les anti diront : “Regardez celui-là, il se drogue, il a tenté de se suicider et il est devenu gay… comme par hasard !” et les pro répliqueront : “Mais regardez plutôt celui-là comme il est équilibré, comme il a réussi. Et en plus, il est hétéro !”

En  clair, la vie continuera exactement pareille et ça n’aura strictement rien changé.

Il y aura des êtres heureux de leur histoire quelle qu’elle soit, et d’autres non.

Et ça restera un mystère même pour les psy.

C’est finalement assez secondaire la question de l’adoption homoparentale à mon sens.

Mais ça rassure toujours d’invoquer le bonheur à venir de nos bambins, de s’en sentir responsable.

On traite les enfants comme s’ils étaient démunis devant la vie, comme s’ils n’avaient pas leurs propres ressources. Et l’on s’étonne après qu’ils ne sachent plus comment faire pour vivre. Mais, au moins, on a l’impression d’être utiles, on a fait ce qu’on devait faire pour leur bonheur… Même si l’on est bien placés pour savoir qu’au fond leur bonheur, c’est comme pour le nôtre : on n’y comprend que dalle.

Frédéric Sorgue

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L’anthroplogie selon les Evangiles

In Mauvais esprit on 12 septembre 2012 at 7:17

Réaction à l’article de la Croix : « L’Eglise refuse de se laisser enfermer dans un débat réligieux. »

L’Église sur le terrain de l’anthropologie ! Je dis : « enfin ! ».

Le catholicisme européen ayant déjà reconnu l’aspect symbolique du texte de la Genèse, il peut maintenant, sans craindre le ridicule, se servir de l’Histoire toujours en construction de l’Homme pour asseoir son argumentaire contre le mariage gay. Tant qu’à admettre ce que les catholiques d’il y a 150 ans prenaient pour une injure à la Vérité Révélée de leur texte sacré, je ne saurais trop leur conseiller de ne pas rester dans la demi-mesure, demi-posture.

L’anthropologie voit plus loin, et plus large, que la société occidentale telle qu’elle s’organise depuis que le christianisme en est devenue une structure essentielle. Il y eut, bien avant notre organisation sociale fondée sur une famille modèle Adam-Eve-Caïn/Abel, et pendant des périodes beaucoup plus longues, des sociétés organisées autour de fratries, d’association de femmes, ou d’hommes, qui élevaient les enfants dans des conditions n’offrant pas la situation prétendument idéale maman/papa/bébé… Engels « L’origine de la famille, de la propriété et de l’État » voilà une bonne lecture à conseiller – sans rire ! – à tous nos amis catholiques qui en appellent aujourd’hui à l’anthropologie…

Mais j’en entends déjà certains en appeler ensuite à la Nature, la fameuse, l’indépassable, qui, exigeant des cellules mâles et des cellules femelles pour concevoir la vie, exigerait aussi que l’enfant, pour bien évoluer, soit entouré d’un mâle et d’une femelle. D’un point de vue strictement intellectuel, on voit apparaître là une démonstration par analogie typique des arguments de la pensée magique… C’est qu’à force de lire les anthropologues, certains catholiques ont oublié ce que le fervent chrétien Pascal a éclairé de cette idée de Nature au fil de ses Pensées. Bien sûr, la « Nature » dépasse sans cesse notre compréhension humaine : elle ne produit de règle que selon l’échelle du regard que nous portons sur ses manifestations. Changeons de focus et la Nature ne produit plus de règles mais une exception…

Cependant le bon sens me répond déjà « Blablabla, il faut bien un homme et une femme pour concevoir un enfant, non? » Indubitable. Et alors? Et après ? Je rassure les catholiques inquiets : le Droit – surtout le Droit français ! – ne peut en aucun cas modifier les conditions nécessaires à la reproduction sexuée des mammifères. Il n’en a d’ailleurs même pas l’intention. Mais je croyais que vous invoquiez le bien-être et l’éducation de l’enfant, ce qui n’a rien à voir… J’ai dû me tromper. Comme se trompent ceux qui pensent encore que le Droit devrait reproduire les règles de la Nature (ces règles qu’ils ont auparavant actées comme étant immuables…). Si le Droit trouvait son essence dans l’état de Nature, la loi qui nous oblige serait toujours celle du plus fort et il faudrait un nouveau Christ pour mettre en cause cet ordre injuste digne d’un empire cruel !

Frédéric Sorgue

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