Frédéric Sorgue

Greece, I will always love you…

In Mauvais esprit on 19 février 2012 at 1:12

« Etre informé était vaguement un droit,
il semble que ce soit devenu un devoir. »
M.Houellebecq

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Grâce à Twitter, on peut aujourd’hui suivre l’actualité en temps réel.
Ce soir, j’ai choisi par exemple de suivre la mort de Whitney Houston  (#RIP Whitney Houston) et les émeutes autour de parlement grec (#greekrevolution #Grèce).
J’ai préféré cette occupation, du genre citoyen du monde tendance concerné, à l’insipide soirée cinéma français que me proposent les 2 grandes chaînes généralistes de télévision.
Internet et les médias sociaux permettent aujourd’hui de s’extraire de la trop passive contemplation télévisuelle, celle qui n’évite la somnolence totale que par le réflexe parasympathique du pouce qui zappe. On a désormais la possibilité de plonger dans une veille active de l’actualité en ligne et en direct. C’est plus revigorant pour l’esprit. Et plus vivant. Sauf en ce qui concerne Whitney Houston bien sûr… Quoique les morts brutales d’idoles semblent provoquer, de façon quasi-systématique, des réactions ferventes inspirées par l’irréductible instinct de survie du fan (regroupements spontanés, chorales improvisées, achats compulsifs de vieux CD, t-shirts, bols ou bougies de merchandising, le tout accompagné de prières à l’adresse d’un dieu subitement sensible, lui aussi, au talent de la star.)

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C’est donc l’esprit en alerte que je suis simultanément, via Twitter, ce qui en train de se produire autour du Parlement grec, tandis qu’il entérine un nième plan de rigueur, ainsi que les réactions à la mort de Whitney Houston, réactions elles-mêmes entremêlées à celles concernant la cérémonie des Grammy Awards.
Rapidement, des infos tombent : la bibliothèque nationale grecque brûle et la fille de Whitney Houston a été hospitalisée. Quelques minutes plus tard, l’incendie de la bibliothèque nationale d’Athènes est démenti et certains twittos pronostiquent le nombre de Grammy Awards qu’Adèle remportera ce soir, sachant que Whitney en avait eu 6 (ou 7 ?). Il ne faut pas longtemps avant que j’apprenne que des banques sont incendiées dans la capitale grecque et que Whitney a reçu son premier Grammy en 1986 pour « Saving all my love for you », dont je me souviens à peine du refrain.
Bien sûr, les 2 thèmes sont tout à fait hermétiques. Non seulement, les tweets sur les Grammy Awards et Whitney ne comportent pas la moindre allusion à ce qui se passe en Grèce, non seulement la réciproque est tout aussi vraie mais, de plus, les twittos qui participent à ces sujets semblent former 2 groupes distincts sans passerelle apparente. Il s’en trouve certainement pour suivre, comme moi, les 2 hashtags ; mais aucun ne tweete parallèlement sur l’un et l’autre des sujets. Pour ma part, désireux comme souvent de me la jouer intello, je choisis d’intervenir sur le sujet grec.

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Je retweete une remarque intéressante sur le sentiment étrange que doivent éprouver, à l’heure de voter le plan d’austérité, les députés grecs qui n’ignorent rien des émeutes autour du Parlement.
J’imagine que certains de ces députés sont à ce moment même connectés sur Twitter pour avoir de plus amples précisions sur ces évènements. J’imagine aussi que certains y sont peut-être connectés pour avoir de plus amples précisions sur les Grammy Awards…
Pas le temps de sortir la vanne car des tweets m’interpellent qui dénoncent la coexistence des 2 tendances : Whitney et la Grèce, la petite histoire dépassant la Grande en audience, en même temps que d’autres tweets regrettent le manque de réactivité des télévisions face aux évènements d’Athènes.
Puis un compte Twitter d’infos générales annonce que le Parlement grec vient de voter le plan de rigueur. En réponse, les émeutes s’intensifieraient, les bureaux des partis ayant dit « oui » au plan seraient incendiés, les émeutes gagneraient les autres villes du pays, on voit brusquement des messages en arabe arriver en gros flux, certainement des messages de soutien des révolutionnaires du printemps dernier, la twittosphère s’affole en 140 signes multipliées par des milliers.

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Se peut-il que nous assistions aux prémices d’une révolte, d’une révolution, d’une guerre civile ? Se peut-il que l’Europe en flanche ? Se peut-il qu’elle ne sente même rien ? Devons-nous voir là une esquisse de notre avenir proche ? Sommes-nous immunisés contre cette rigueur « à la grecque » par notre plus grande puissance économique ? A quoi sert la BCE ? Serait-ce le plan de rigueur de trop ?
Comme les tweets, mes questions se multiplient. J’en vois d’ailleurs passer certaines sur ma Tweet List et d’autres, auxquelles je ne pensais pas du tout : réaction du voisin turc ? équilibre de la zone des Balkans ?
Je ressens tout à coup le besoin d’en savoir plus, de comprendre mieux, d’être éclairé par l’avis de spécialistes. Du coup, j’allume ma télé… Je zappe sur les chaînes d’infos à la recherche d’un point de vue critique. Mais les twittos avaient raison : les news qui défilent devant moi sont les mêmes que celles diffusées 2 heures auparavant. Les éditions n’ont pas eu le temps d’être renouvelées.  Twitter a une belle longueur d’avance sur les chaînes spécialisées qui n’annoncent toujours pas le résultat du vote du Parlement grec mais qui serinent jusqu’à la nausée la plus haute note poussée par Whitney dans « I will always love you ».

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Ni Twitter, ni les chaînes info, ni les performances vocales de la défunte ne m’aideront à trouver des amorces de réponse. Quelle est la légitimité de l’actuel gouvernement grec ? Les manifestants ont-ils raison d’en appeler à la Démocratie ? De dénoncer la dictature et l’esclavage européen ?
Soudain un tweet gazouille, annonçant une manifestation de soutien au peuple grec. En 2 clics, je me retrouve sur une page Facebook invitant à un rassemblement à Paris, le lendemain, devant l’ambassade de la Grèce. Sur cette page, parmi les commentaires, je m’arrête sur le texte d’un opposant aux plans de rigueur, Mikis Theodorakis, qui appelle les peuples européens à soutenir les Grecs. Theodorakis affirme également que « la démocratie est née à Athènes quand Solon a effacé les dettes des pauvres aux riches ». Renseignements pris sur Solon, il est confirmé qu’il a aboli l’esclavage pour dettes, participant ainsi aux fondations de la démocratie grecque.
Je décide de publier sur mon compte Twitter la citation de Théodorakis suivi du hashtag #Grèce. J’obtiens rapidement un nombre de retweets inhabituel pour moi, plus de 50, et des dizaines d’inscriptions simultanées. Je n’aurais pas fait mieux avec un méchant tweet sur Whitney Houston du genre « I wanna die with somebody ».
Mon audience s’accroît de façon inespérée sur Twitter. Le constat de ce petit succès vient brouiller ma réflexion d’un plaisir nombriliste. Et je n’ai pas avancé d’un iota dans ma compréhension de la crise grecque.

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Twitter me permet de suivre l’actualité en direct. Un direct quasi instantané, presque comme si j’y étais et ce bien que ce réseau soit, pour l’instant encore, dépourvu d’images live.
Grâce à ce concentré de direct et de réactions à chaud, Twitter satisfait ma soif de l’info la plus fraîche. Mais cette spirale de news ne peut satisfaire mon besoin d’analyse. Analyse de toute façon impossible en 140 signes, forme imposée du tweet. Ainsi, tout en stimulant ma réflexion, Twitter ne peut la satisfaire. Il n’a ni l’espace ni le temps pour cela.
C’est en fait l’absence d’une équipe de rédaction qui confère à Twitter ses caractéristiques. C’est l’absence de rédaction qui lui permet d’obtenir ce rendement d’infos inimaginable pour les autres médias et qui l’empêche également de développer un regard, un ton, une ligne éditoriale. Ou simplement de séparer le bon grain de l’ivraie, l’info de l’intox.
Le réseau social fonctionne comme un gigantesque échangeur, un centre névralgique du Web où l’info vit à la seconde et à partir duquel si je le souhaite, si je sais fouiller, si j’ai de la chance, je peux trouver des pistes vers les sources susceptibles de satisfaire mon besoin d’analyse. A ces conditions, il faut aussi rajouter : si j’ai le temps. Car Twitter n’arrête jamais de tweeter.
Pour preuve, cette nouvelle qui apparaît tout à coup et se propage vite : les Anonymous auraient attaqué les sites gouvernementaux grecs… Conditionnel ou pas, le climat révolutionnaire se précise en Grèce. Ca suinte de ma Tweet List.

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Réactivité et interactivité distinguent Twitter des autres médias classiques et le rendent désormais incontournable en matière d’actualité.
En l’absence d’équipe de rédaction, le twitto peut effectuer lui-même le travail de la rédaction : trouver la source d’information, recueillir l’information, la vérifier, la transmettre. L’essentiel se joue donc dans les abonnements que le twitto souscrit. Selon ses sujets de prédilection, il lui faudra établir un subtil panachage entre comptes officiels, comptes de spécialistes, comptes de twittos forcenés, comptes divers où l’historique des tweets révèle un véritable angle de vue, etc, etc.  Il lui faudra ensuite cibler les hashtags selon ses sujets favoris et l’actualité.
Ceci fait, le twitto n’aura plus qu’à tweeter les infos qu’il aura recueillies hors Twitter (pour les y faire entrer) et retweeter les infos qu’il y recevra (pour les faire circuler). Il pourra tweeter et retweeter à l’envi ou sélectionner tweets et retweets selon certains critères comme, par exemple, la véracité de l’information.
Dans ce cas, le twitto soucieux de déontologie journalistique devra se couper temporairement de sa Tweet List pour vérifier l’information. Ou, pour les twittos intellos dans mon genre, afin de nourrir leur réflexion propre. Mais s’extraire de la spirale des tweets n’est pas chose aisée car la TL est addictive… S’en couper, c’est se couper du direct (et un soir où une révolution frémit dans le pays qui a vu naître la démocratie, c’est assez difficile) ; c’est se couper aussi des réactions des twittos qu’on apprécie et qui nous stimulent ; c’est se couper enfin de sa propre audience et de la satisfaction, du plaisir qu’elle procure.

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Sans parvenir à déconnecter de Twitter, et tout en grappillant des infos sur d’autres sites, je tente de me forger une opinion sur ce qui se passe en Grèce.
Révolution ? Coup porté à la démocratie ? Peuple confronté trop tard à la réalité de sa richesse après avoir vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens ? Pourtant les plans de rigueur s’enchaînent depuis 2 ans sans améliorer la situation qui, au contraire, empire. La rigueur est-elle la bonne voie ? Et si les chiffres ont toujours raison, comment qualifier une politique qui focalise sur leur seul redressement en renvoyant du coup dans le registre du secondaire l’effort, la souffrance, le refus d’un peuple ? N’est-ce pas là, dans cette hiérarchisation des priorités, dans l’interstice entre la première priorité et la seconde, que se décident les valeurs de la Communauté Européenne ? N’est-ce pas ce que révèle le choix de Solon, celui d’annuler l’esclavage pour dettes ?
Face à une gestion des créances menée de façon strictement rationnelle  (les débiteurs n’ayant plus de liquidités, ils remboursent donc leurs dettes par la dernière chose restant en leur possession, la liberté), Solon pose un acte politique instaurant qu’au-dessus de cette gestion rationnelle, il y a la liberté. La gestion ne peut empiéter à tout prix sur la liberté, car la liberté lui est supérieure.
En sommes-nous là en Grèce ? Cette baisse de 22% du salaire minimum (32% pour les jeunes) constitue-t-elle ce moment où l’intérêt gestionnaire prime face à la liberté d’un peuple, en la contraignant jusqu’à l’annuler ?
C’est aux peuples de le dire. Au peuple grec. Au peuple européen, puisque l’Europe est une ensemble démocratique et que nous sommes donc tous coresponsables des décisions européennes. Devons-nous alors nous engager ? Pour la liberté du peuple grec ou pour la réduction du déficit grec ? Pour ou contre ? Devons-nous nous engager comme s’engagent les Anonymous ?

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Evidemment, avec tout ça, j’ai complètement déconnecté du hashtag #RIPWhitneyHouston.
J’y retourne tout de même sans savoir vraiment pourquoi. Peut-être juste pour continuer ce que j’ai commencé, ou à cause de l’indiscutable attrait de la mort lorsqu’elle frappe des inconnus ou les célébrités.
Les déclarations de stars à l’entrée de la Cérémonie des Grammy Awards se copient-collent de Justin Bieber à Cyndi Lauper. On annonce que Jennifer Hudson rendra hommage à celle qui lui a remis son premier Grammy, en chantant le plus grand tube de Whitney. Tous ces tweets émanent d’un panel de twittos qui semblent s’investir de tout cœur dans le commentaire de cette soirée. Savent-ils qu’Athènes brûle ? Le savent-ils et viennent-ils, comme moi, s’en distraire ici ? Ou la situation de la Grèce leur est-elle tout à fait  indifférente ?
Grâce au web en général, et grâce à Twitter en particulier, je peux sélectionner les informations comme des produits. Gigantesque échangeur, Twitter est aussi cet hypermarché de l’information où je pioche dans les rayons les actualités que je désire. La Grèce pour réfléchir et Whitney pour arrêter un peu de réfléchir. Mais  j’aurais pu préférer à la révolte grecque les massacres syriens, à la mort d’une Whitney Houston le faux-suspense entourant la déclaration de candidature d’un Sarkozy sortant… Ou j’aurais pu suivre tous ces sujets et en rajouter : de la condamnation de Monsanto en France à l’effroyable projet ACTA. L’important étant d’obtenir un niveau de satisfaction suffisant en tant que consommateur d’information. En clair, jusqu’à ressentir l’impression d’être suffisamment informé.

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Mais suffisamment informé pour quoi faire ?
Pour comprendre le monde dans lequel je vis ? Pour agir après avoir compris ? Et agir comment ? En partageant mes opinions sur Twitter ? Lors d’un dîner entre amis ? En tentant de faire quelque chose de concret ? Et que faire de concret ? Que puis-je faire pour soutenir le peuple grec dans sa révolte (car finalement mon avis s’est forgé grâce à Twitter : je suis convaincu que ce peuple est, malgré sa responsabilité, l’objet d’une injustice qui bascule lentement vers l’intolérable) ?
Je ne peux pas faire grand-chose de concret pour soutenir les Grecs. A part regarder l’augmentation du nombre de retweets de la citation de Theodorakis que j’ai introduite sur le réseau. Et espérer que cette citation conduise certaines consciences de la communauté aux mêmes conclusions que moi…
Il est cependant probable que cet éveil n’ait pas lieu. Comme la télé nous incitait à la contemplation passive, on commence à constater que les réseaux sociaux nous incitent au commentaire passif. L’actualité y devient un produit sur lequel nous donnons notre avis de consommateur. Une fois cette opinion exprimée, on estime avoir fait ce qui est en notre pouvoir et on éprouve que notre besoin d’agir est effectivement satisfait de cette façon. Nous continuons donc de commenter une actualité qui se déroule sans cesse, qui nous parvient de plus en plus vite, de plus en plus directement et sur laquelle nous pouvons de moins en moins agir de façon concrète. L’actualité devient un spectacle perpétuel et nous en devenons les critiques.
Or, nous sommes les acteurs de cette Europe qui réclame des efforts à la Grèce, des efforts qui sont en fait une sanction démesurée pour des années de mauvaise gestion. Afin de rassurer les créanciers, qui ont déjà effacé une part de la dette grecque, la Communauté Européenne impose à la Grèce une gestion si rigoureuse qu’elle touche à la liberté de son peuple. La Communauté aurait pu négocier, dans un esprit de solidarité communautaire, un effacement total de la dette grecque. Dans le même esprit, la Communauté aurait pu emprunter à son propre titre pour financer la Grèce. Il n’en est rien. C’est donc la voix des créanciers de la Grèce que porte la Communauté Européenne. Alors que c’est la voix du peuple européen qui devrait conduire son action. Mais le peuple européen n’existe pas puisqu’il n’est jamais consulté. Le peuple européen est informé et il commente. Il aurait pu être acteur mais il est devenu critique… Tous les acteurs vous diront qu’il n’y a rien de pire.

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Il faut dire qu’on ne nous aide pas à penser la situation grecque en ces termes : quelle est la valeur première de l’Europe, la liberté ou la bonne gestion ?
Je me suis finalement endormi très tard ce soir de la mort de Whitney Houston et des émeutes grecques. Le lendemain matin, j’ai ouvert l’œil et, de suite après, la télé. Chaîne d’info en continu. Des images d’Athènes montraient une ville fumante derrière l’envoyée spéciale qui parlait de la surprise des Grecs au réveil, découvrant les saccages de la nuit. Ils n’avaient pas vraiment réalisé ce qu’ils avaient fait, ce qui s’était passé… C’était assez vaseux comme commentaire.
J’ai vu le Parlement grec toujours debout : il n’avait pas brûlé, il n’y avait pas eu de révolution. Le hashtag #Grèce et son formidable élan la veille sur Twitter m’avaient donné une image déformée de la réalité. Le gouvernement annonçait cependant, pour calmer les esprits, des élections anticipées. Elles devraient avoir lieu en avril, après la mise en place complète du dernier plan de rigueur…
Dans les jours qui ont suivi, l’actualité s’est concentrée sur la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. Parmi cette mise en scène sans surprise, un reportage du 20 heures d’une grande chaîne publique a attiré mon attention. Un journaliste y affirmait que beaucoup de Grecs s’étaient arrangés pendant des années pour toucher la retraite d’un parent mort. Puis le journaliste a enchaîné, comme s’il y avait un lien, avec cette autre information : la Communauté Européenne a demandé au gouvernement grec la grille de salaire de ses fonctionnaires et a découvert à cette occasion que ce document essentiel à la bonne gestion de l’Etat n’existait même pas.
L’objet du reportage était effarant d’évidence. Il tentait de démontrer, nourri de ce bel esprit communautaire européen, que les Grecs étaient des mauvais gestionnaires, des truqueurs, des révoltés sans lendemain et qu’ils méritaient les efforts exigés par la Communauté Européenne. Que ces efforts étaient justifiés, nécessaires et inévitables. Quel qu’en soit le prix.

Frédéric Sorgue

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  1. Point de vue intéressant et en tout cas une description minutieuse de ce que peut être l’utilisation des réseaux sociaux.

    Un point que vous pouvez prendre en compte selon moi, c’est que l’on est passé du broadcasting (diffusion incarnée par les médias précédents) à l’egocasting (la focalisation personnelle incarnée par la recherche via Google ou les hashtag). Il n’y a pas de bonne expression en français là pour ça à ma connaissance.

    Un autre point, qui m’intéresse en tout cas, c’est qu’il faut distinguer l’information de la réflexion. Bien entendu twitter donne une vision déformée de la réalité. Mais elle n’est pas plus déformée qu’un reportage de 5 minutes à la télévision sur une situation complexe.

    Pour reprendre le cas de la Grèce, la soit disant prédisposition des Grecs à la fraude fiscale prend un sacré coup quand on sait que l’Église Orthodoxe et les armateurs sont dispensés d’impôts par la constitution. L’anarchie immobilière prends du sens à partir du moment où l’on sait que l’État Grec n’a pas de cadastre. Et que personne en Grèce n’a estimé utile d’en faire établir un. De quoi pondérer la vision simpliste de l’utilisation de Solon. En effet, ce que démontre la Grèce ce ne serait alors pas l’esclavage par la dette mais l’esclavage par l’absence d’un État juste.

    Notez que cette vision est elle aussi simpliste mais elle a l’avantage de contredire la précédente et de ramener à la réalité : en fait personne ne peut dire ce qui ser passe vraiment en Grèce et en Europe aujourd’hui. Nous sommes dans un train lancé dans la nuit et dont les conducteurs sont morts…

    La réflexion, le chemin qui selon moi peut nous sauver, ne peut naître que dans l’isolement. Je finirai avec cette citation de Pascal « Tous les malheurs de l’homme viennent qu’il ne peut rester seul dans une pièce à ne rien faire ». Non pas que nous ne puissions avancer sans les autres mais qu’il est impossible de se construire sans un retour régulier, et radical, sur soi. C’est dans ce retour, en nous débarrassant de la tyrannie de l’événement que peut naître la compréhension du Monde et une véritable liberté.

    • Merci pour votre réaction !
      J’apprécie beaucoup l’image du « train lancé dans la nuit et dont les conducteurs sont morts. » Au-delà de la situation actuelle de la Grèce et de l’Europe, elle résume bien l’Histoire selon moi.
      Il n’y a pas de sens à l’Histoire. L’état actuel de la Grèce ne démontre rien – ou démontrera précisément tout ce que l’on voudra bien lui faire démontrer : nécessité de la rigueur, nécessité de la révolution, nécessité de refonder l’Etat ou de l’annuler pour une instance transnationale. Face à la tyrannie de l’évènement, il faut revenir à l’essentiel: qu’est-ce qui fonde la démocratie ? C’est ce que j’ai voulu instiller dans cet article avec l’exemple fondateur de Solon et d’un choix politique qui renverse l’ordre ancien des valeurs.
      Quant à l’Etat Grec qui s’est mis en place depuis l’indépendance du début du 19eme, j’avoue que j’en maîtrise mal l’histoire mais il me semble effectivement loin d’établir ou de protéger la Chose Publique avec ses accointances orthodoxes, son clientélisme et ses lacunes ahurissantes comme celle du cadastre que vous m’apprenez.
      Personne ne sait ce qui va se passer et tout semble devoir se jouer, une nouvelle fois, sur un paramètre simplissime : la tolérance à la souffrance du peuple. Quand les Grecs n’en pourront plus, ils se révolteront. Sans savoir, plus que maintenant, où ils vont. Et il se trouvera bien sûr de grands éclaireurs pour leur raconter que toutes ces souffrances ne sont pas dépourvues de sens, histoire de leur insuffler du courage. Souhaitons que ces éclaireurs diffusent des idées de justice, de tolérance et de partage. Pour avancer ensemble dans ce train lancé sans conducteur, ces idées me semblent les moins dangereuses. Et les plus judicieuses pour rendre tolérable l’absurdité des systèmes et des idéologies que nous créons, faute de ne pouvoir tolérer l’absurdité de notre condition… Pascal avait bien raison !

  2. L’image est de Zola dans la Bête Humaine en fait : http://fr.wikisource.org/wiki/La_B%C3%AAte_humaine/XII

    Pour le sens de l’Histoire, je pense que c’est une affaire de croyance. Pour ma part, je crois en un sens de l’Histoire mais cela a plus à voir avec mes convictions religieuse qu’un raisonnement.

    Il nous reste effectivement à nous concentrer sur la maladie et le malade en nous rappelant la sage maxime « primum non nocere », d’abord ne pas nuire.

    Pour ce qui fonde la démocratie, il me semble qu’un bon début se trouve dans le débat démocratique justement. Et que ce qui donne un indicateur de la santé de la démocratie est la qualité de ce débat. Pour le mesurer, je recourrai encore à une citation mais d’Hannah Arendt cette fois : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »

    Sans cette base, qui a cruellement manquée en Grèce visiblement pour ce qui concerne les comptes publics, rien n’est démocratiquement possible. Tout vote, tout referendum est nécessairement vicié sans l’observation scrupuleuse de cet indicateur.

    Il est clair qu’il faut sortir la tête de la Grèce de l’eau, personne ne peut être heureux de qui se déroule sous nos yeux. La question sera alors de savoir quoi faire.

    • Pour continuer avec Zola, il écrivait dans « L’Argent » : « Nous attendons que tout craque, que le mode de production actuel ait abouti au malaise intolérable de ses dernières conséquences. » Etait-il visionnaire ? L’Histoire se répète-t-elle ? Va savoir !
      Le débat démocratique semble réduit en Grèce à une peau de chagrin de ce que j’en vois. Mais je n’en ai qu’une vision très partielle, qui dépend directement des médias… Il semble que la nécessité d’une gestion rationalisée doive l’emporter sur tous les autres arguments. Restent les supermarchés pillés, les distributions de nourriture qui suivent, ces actions dont ne parlent pas les médias populaires : c’est ce qui se raconte dans certains coins du Web.
      J’ai tendance à me méfier de cette « rationalité » qui invalide a priori tout argument où la situation est vue sous un autre angle. C’est l’extrême rigueur ou le chaos total : il est en là le débat démocratique en Grèce non ?
      Je me demande si cette situation peut trouver un éclairage au regard de ce qui s’est passé en Argentine au début des années 2000. Si la Grèce sortait de l’Euro, est-ce qu’elle ne pourrait connaître un chemin similaire ? L’Argentine ne faisant pas partie à l’époque d’une Communauté d’Etats, c’est bien sûr envisager les choses en éliminant de l’équation l’Europe et la zone Euro : qu’est-ce qu’il arriverait à la construction européenne après la faillite de la Grèce ? Qu’en pensez-vous ?
      Ps : je vais utiliser la citation d’Arendt sur mon compte Twitter.

      • Pour le choix de la Grèce, c’est en effet le faux choix qu’on lui propose. Un autre, de mon point de vue, serait de considérer que la crise est européenne et qu’il est nécessaire de penser à une structure fédérale capable de gérer ce genre de situation. C’est un peu ce qui se met déjà en place, à bas bruit, avec le fond européen de soutien mis en place ces derniers jours. Mais elle se met en place sous l’égide gouvernementale ce qui met le soupçon d’une domination de la Grèce par les autres pays. A mon sens, seul le parlement européen serait légitime mais les États, et nous-même, devraient accepter ce transferts de légitimité.

        Pour l’exemple de l’Argentine, la grosse nuance est qu’elle n’avait pas derrière elle la zone euro. Sachant que l’Europe au niveau fédéral est tout à fait capable de lever les fonds nécessaire pour donner le temps à la Grèce de se relever. Il faudrait aussi accepter la création d’une sorte de cour des comptes fédérale.

        Tout ceci nous mettrait dans un scénario radicalement différent de l’Argentine. Et ce serait surtout une manière de relancer la construction européenne.

        La sortie de l’euro pour la Grèce ce serait garder la situation actuelle sans aucune perspective d’aide. Est ce vraiment souhaitable ? J’ai l’impression que les Grecs ne veulent pas du scénario de sortie. Ils veulent être respecter mais, selon moi, il faudra qu’ils changent de méthodes de gouvernements. Et ce diagnostique est aussi valable pour la France.

      • Je l’avoue : il me semble à ce point inévitable que la Grèce sorte de l’Euro et de l’Europe que je lui cherchais déjà des perspectives « à l’argentine. » … Quant à l’Europe , j’aime votre façon de l’envisager (c’est à cette Europe que j’ai cru) mais celle que je vois à l’œuvre, et encore pour l’élaboration du dernier fonds de soutien, me convainc un peu plus à chacune de ses décisions qu’elle doit être refondée et, je l’avoue encore, ses décisions s’additionnant toujours dans cette même veine vide de sens démocratique, il m’arrive de penser que cette refondation ne pourra avoir d’autre socle que la remise en question totale, celle qui suit les grandes faillites…

        Point de vue plus « romantico-poétique » que politique, je vous l’accorde volontiers ! Je souhaite me tromper pour la Grèce et l’Europe. Et je souhaite qu’il y ait, dans les méandres des instances européennes, des hommes qui, comme vous, voient une sortie possible à cette crise, et une sortie qui grandirait l’Europe de démocratie.

        Car c’est bien ce qui manque, par exemple, à ce fonds de soutien qui vient d’être « bricolé » (malgré les ministres et les milliards, c’est toujours l’impression que j’ai) . Il lui manque cette légitimité que possède un plan de rigueur quand il émane d’une instance démocratiquement élue. Pourquoi le Parlement européen n’est-il pas appelé à voter cette mesure, puisqu’il a dans ses compétences, la supervision des dépenses de l’Europe ? Ce fonds de secours n’est pas une dépense, je le conçois bien, et le problème du Parlement Européen n’est pas tant les compétences qu’il possède que toutes celles qui lui font défaut…

        Alors, prise dans l’étau des souverainetés, les souverainetés nationales d’un côté et sa souveraineté monétaire de l’autre, l’Europe bancale se crispe dans une position technocratique et comptable en avançant vers quoi ? Certainement pas vers la confiance des peuples qui seront amenés, tôt ou tard, à se prononcer, comme en 2005, sur un abandon de leur souveraineté nationale au profit de cette Europe qui ressemble moins à un Etat fédéral qu’à un Conseil d’Administration…

        Savez-vous d’ailleurs quelle instance a débattu et décidé de ce dernier fonds de soutien pour la Grèce ? J’ai recherché l’information et je vois que certains médias évoquent un « conseil des ministres », laissant supposer qu’il s’agit du Conseil de l’Union Européenne, tandis que d’autres parlent d’une « réunion de l’Eurogroupe », machin que je n’arrive toujours pas à placer dans l’organigramme que je me figure des instances européennes pour tenter de comprendre leur fonctionnement.

        C’est aussi pour résoudre ce grave problème de transparence et de lisibilité qu’une refondation de l’Europe me semble indispensable. Sinon, comment les peuples européens accorderaient-ils leur confiance à une hyper-structure fédérale tout à la fois technocratique et nébuleuse ? Comment, dans ces conditions, accepteraient-ils de remettre en cause la structure tout à la fois rassurante et dangereuse de l’Etat-Nation ? Dangereuse parce que nous ne devons jamais oublier ce qu’une Europe composée d’Etats Nations sans projet commun a pu générer comme conflits.

        Sans refondation, l’Europe finira de décevoir, voire d’effrayer, les citoyens. Ils la rejetteront quand on leur demandera leur avis. Qu’est-ce qu’il se produira dans ce cas ? Comme après le « Non » au Traité de Lisbonne de 2005, il restera alors la possibilité de considérer que leur avis n’est pas suffisamment éclairé et de conduire leur salut contre leur gré. Et il se trouvera beaucoup de républicains convaincus pour nous démontrer qu’il s’agit là encore de démocratie…

        Pour ne pas en arriver à cette extrémité, oui, oui, trois fois oui, je suis d’accord avec vous : il faut avoir le courage de refonder aussi, et avant tout, notre façon de gouverner. Reste à savoir comment on s’y prend ! La balle est dans les mains des politiques… Enfin j’espère !

        PS : Je tiens à vous remercier pour votre suivi attentif et votre soutien sur les différents réseaux sociaux et, notamment, Facebook. Recevez tous mes encouragements pour cette campagne à laquelle vous participez avec passion : c’est un bel engagement.

  3. Merci ! J’avoue que je suis « entré en politique », expression curieuse déjà, presque par accident. Une rencontre avec un homme, François Bayrou, et une pensée lumineuse. Il a su en quelques lignes me convaincre que mes intuitions avaient une raison et une cohérence et qu’il saurait les défendre. Je crois que sinon je serai resté bien sagement dans ma bibliothèque à regarder navré ce monde comme il va.

    Pour revenir au corps de votre réflexion. Le souci du manque de transparence vient d’abord d’un empilement de structure du à une mauvaise gestion de la fameuse « Europe des projets » et de cette tendance manifeste, depuis le référendum, à vouloir le bien des peuples malgré eux.

    Pour résumer, le conseil des ministres de l’Eurogroup réunit les ministres des finances des pays faisant parti de la zone Euro. Ce qui exclu de fait les pays qui ne sont pas dans la zone Euro.

    C’est ce qui explique aussi que le Parlement a été disqualifié au prétexte que des députés de pays n’appartenant pas à cette zone ne pouvait se prononcer. Prétexte car il aurait été envisageable de restreindre aux députés de cette zone ou, mieux, de considérer que l’Euro était un enjeu majeur pour tous les pays européens. En paraphrasant, « L’Euro c’est notre monnaie mais aussi votre problème ».

    Car que personne ne s’y trompe, la sortie de la Grèce de l’Euro sera une catastrophe pour tout le monde. La Grèce se retrouvera à essayer de payer une dette faramineuse libellé en euro avec une monnaie d’autant plus dévaluée qu’elle ne sera assise que sur les seule ressource de ce pays. Les autres pays ne seront pas épargnés car, comme des loups à l’affût, les marchés testeront pour savoir si d’autres pays ne sont pas eux aussi en mesures de quitter l’Euro.

    La mécanique froide et aveugle du marché et son amplification moutonnière jouera à fond et sans considérations des dégâts humains.

    Pour ce qui est de la lisibilité, je crois que la responsabilité des gouvernements a été énorme. Les électeurs élisent rarement sur des critères européens et ça explique que nous ayons élus des gens qui n’ont eu qu’un seul but : éviter qu’un nouveau Delors soit nommé à la tête de la commission européenne.

    Nous avons donc depuis élus des personnes qui cherchent à chaque fois à être plus insignifiante que son prédécesseur. M. Baroso est d’ailleurs ce qui se fait de mieux dans la falot-cratie. L’erreur a été d’accepter que le parlement n’est quasiment rien à dire sur la composition de cette commission. En fait, il y a bien un vote mais les conditions sont telles qu’il est quasiment impossible de réunir une majorité pour censurer la commission.

    Voilà comment on muselle la démocratie… Et nous en payons aujourd’hui le prix.

    Je me permettrai de vous contredire sur un point : la littérature n’a pas à céder le pas à la politique. Ma définition préférée de la politique est « danser sur les flammes en gardant un oeil sur la grosse vague qui arrive ». C’est un art, au sens premier du terme, de l’instant qui cherche à prévenir des problèmes futurs.

    La littérature, elle, cherche à sortir de la tyrannie du temps. Même lorsqu’elle cherche à n’être que pour elle même, la littérature s’adresse à l’âme et la forme. Elle marque profondément notre vision et nous éduque. Parfois pour le meilleurs, Hugo, Zola, mais aussi pour le pire, Mauras, Léon Daudet.

    Faire de la politique sans la profondeur de la littérature ça n’est que danser sur les flammes en ignorant la vague. Nous en avons l’illustration depuis bientôt cinq ans…

    J’espère ne pas avoir été trop indigeste dans ma verve militante mais j’avoue que je prends plaisir à lire des réflexions sincère que je ne partage pas. J’ose, j’implore déjà votre pardon, la citation que je préfère de mon candidat : « quand on pense tous la même chose, c’est qu’on ne pense plus rien ». C’est cette différence et cette sincérité qui me fait vous lire avec plaisir.

    • N’ayez crainte ni pour votre verve ni pour nos réflexions différentes. Je vous lis avec plaisir, j’apprends à chacun de vos commentaires et, en vous répondant, je donne forme à des pensées souvent imprécises : qu’espérer de plus online ? Sinon vous apporter les mêmes satisfactions.

      Alors c’est donc ça l’Eurogroup ? Un conseil des ministres des Finances des pays de l’Euro… Il a visiblement disqualifié le Parlement pour ce qui concerne notre sujet : encore une victoire de la démocratie à l’Européenne… Mais cet Eurogroup (drôle de nom : on dirait une filiale d’Eurotunnel) c’est donc une émanation du conseil de l’Union Européenne, le conseil des ministres Européens qui met au point le budget ? Déjà, sur ce point, le Parlement est disqualifié puisqu’il ne s’occupe pas des recettes de ce budget, chose que je ne comprends pas, j’avoue.
      Que le seul organe de l’Europe issu du suffrage universel n’ait pas l’oeil et la main sur tous les leviers de l’Europe, c’est une carence de démocratie selon moi, carence que les gouvernements français n’ont jamais cherché à combler me direz-vous. De même, comme vous l’évoquez, pour le vote « pour ou contre » la commission lors de son investiture, alors que celle-ci n’est même pas dans l’obligation de représenter la majorité de ce Parlement. De même encore, la faiblesse législative de ce Parlement puisqu’il ne peut pas proposer de projet de loi, si j’ai bien compris, mais seulement demander un projet de loi à la Commission. Et les amendements qu’il votera devront être ensuite approuvés par cette Commission ! Ce parlement n’a finalement qu’un droit de véto, c’est à dire le droit de jouer le bras de fer… Méthode qu’on ne réserve qu’aux dossiers brûlants j’imagine. Drôle de Parlement et drôle d’Europe. Il s’agit bien, je vous suis, de muselage démocratique. Finalement, vous savez, je ne trouve pas nos réflexions si différentes… Nous n’avons pas de désaccord sur les fondamentaux !

      Quant à la littérature, n’allez pas croire que je ne la voie céder le pas devant la politique.
      Son action, si elle en a, se joue dans le secret des consciences, dans le silence de la lecture, là où se forge des idées et des convictions qui iront plus tard, peut-être, dans le domaine public. « Si elle en a » et « peut-être » parce que la littérature, la plupart du temps, ne sert strictement à rien : regardez « Les possédés » de Dostoïevski, roman de 1872, qui passe au crible l’idéologie socialiste de l’époque et laisse entrevoir tous les travers dans lesquels elle s’enferrera jusqu’à la monstruosité 50 ans plus tard. Tout est dans le roman, et la Révolution d’Octobre a eu lieu comme s’il n’avait jamais été écrit. Pour finalement apporter au peuple ce qu’on sait…
      La littérature décrit, dénonce, prévient mais cela reste lettre morte, et des rats de bibliothèque ressortent des décennies plus tard la perle prophétique ou l’ampoule de lucidité en s’écriant : « Regardez ça! Quel génie… Il avait tout vu ! » Entre temps, le politique aura dansé son chant du cygne en tentant de surfer sur la grosse vague, et il se sera trouvé quelques esprits pour tomber amoureux d’un livre, pour entendre sa voix, pour entendre comme elle sonne juste et constater qu’elle ne trouve pas l’écho qu’elle mérite. Et il arrive parfois qu’un de ces amoureux soit un politique… C’est pour ces amoureux-là (et pour les rats de bibliothèque!) que la littérature est indispensable, autant que la politique (un art à part entière, je vous suis aussi sur ce point)!

      Pour ce qui est du Pyrénéen, je constate qu’il stagne en ce moment dans les sacrosaints sondages. En 2007, je crois me souvenir qu’il avait fallu attendre mars pour le voir atteindre la barre des 20%, mais la Dame du Poitou et ses errements faisaient se retourner vers lui beaucoup de votants… L’ex de la Dame joue par contre la prudence : il n’a que ça à faire. Pas bouger jusqu’au premier tour. Et il semble avoir une certaine facilité pour ça ! J’aurais d’autres choses à dire encore sur votre candidat, mais je préfère tenir mes considérations politiques en dehors de ce blog dédié à ma recherche littéraire… pour l’instant! Je vous propose donc de continuer notre conversation par mail. Si vous le souhaitez, vous pouvez me répondre sur : fredericsorgue@gmail.com.

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